vendredi 3 septembre 2010

Première histoire, la mienne

Je me souviendrai toujours de ma prise de conscience de la portée identitaire de mon nom: Nous étions en famille, chez mon père anglophone. Un de mes oncle a dit à mes parents qu'ils avaient bien fait de me donner un nom anglais, j'étais la seule de leurs enfants qui avait le caractère du côté anglophone de ma famille. Mon frère et ma soeur avaient des prénoms francophones et ainsi plus clairement francophones. Aujourd'hui, je suis consciente que mes comportements et habitudes ressemblent énormément à ceux de ma fraterie. Je m'entends parler comme ma mère en français et comme mon père en anglais, non pas dans la forme de mes langues, mon éducation m'a bien guérie de mes accents, enlevée les couleurs de mes origines, mais dans mes attitudes et dispositions. Or, enfant, je rêvais d'avoir un prénom francophone. Il me semblait que mon appartenance à deux langues/deux cultures serait davantage accepté: mon nom anglophone jumelé à un prénom francophone, quel bonheur. Je n'aurais pas à expliquer ad nauséam que je suis Acadienne! Voire même descendante de la déportation de 1755! Je suis néanmoins demeurée Acadienne, Canadienne et devenue Franco-Albertaine et Franco-Ontarienne d'adoption. Et féministe parce qu'il n'a jamais était suffisant que ma mère ait un nom acadien, il aurait fallu que mon père porte un nom francophone.... Mon militantisme pour la cause francophone m'ont vallu la reconnaissance d'une identité francophone. Anglophone? C'est moins clair. Demandons-nous toujours aux enfants et aux jeunes adultes bilingues vivant dans un pays bilingue de politiser à ce point leur identité avant de les reconnaitre? La dyade francophone/anglophone sur laquelle est construite le Canada oblige-t-elle que les jeunes choisissent une identité unitaire?

Pour y réfléchir davantage... http://www.acelf.ca/c/revue/pdf/XXXIV_1_082.pdf

1 commentaire:

  1. La question ne fait pas de grosses vagues, Phyllis, mais elle est très pertinente!
    Quand on m'entend parler, on dit que je n'ai pas d'accent! C'est peut-être parce qu'on n'arrive pas à identifier d'où je viens!
    Mais voilà que je suis en train d'écrire un épisode de 30 minutes sur les accents francophones dans une série sur l'identité.
    J'aimerais bien vous parler!

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