En isolement depuis deux semaines, je me
demande comment les enfants et les adultes des communautés de langue
minoritaire réussissent à combler leurs besoins de socialisation langagière.
Pour ma part, ayant un conjoint de langue anglaise rend cette socialisation
particulièrement difficile. Puisque ses compétences en français sont quand même
assez bonnes, on parle ici là en français, mais ce n’est pas suffisant pour me
combler. J’imagine que c’est encore plus difficile pour des enfants qui vont à
l’école en français, mais qui vivent essentiellement en anglais à la maison et
en société.
Oui, le COVID-19 est dure sur les
entreprises, sur l’économie canadienne, sur les travailleurs en soins de santé,
mais j’imagine aussi sur les communautés minoritaires et nos politiciens et
politiciennes ne semblent pas le réaliser. En effet, en Ontario les points de
presse du gouvernement ne sont font qu’en anglais et Monsieur Trudeau a oublié
de souligner la journée internationale de la francophonie. Je le sais, la
journée internationale de la francophonie est peu importante à comparer à la
crise du COVID-19, mais s’il a pris la peine de souligner la nouvelle année
ukrainienne… par ailleurs, lorsque le premier ministre a enregistré un message
pour tous les élèves canadiens et canadiennes, ce message n’a été enregistré qu’en
anglais. J’ai mal à ma langue, j’ai mal au statut de ma langue.
Aujourd’hui, l’association acadienne de la
Nouvelle-Écosse a lancé un bulletin qui sera « diffusé chaque jour sur les
plateformes Facebook et Twitter de la Fédération acadienne de la
Nouvelle-Écosse a pour but de suggérer une variété d’activités en français pour
tous les âges à faire à la maison » (https://www.acadiene.ca/2020/03/25/quotidien/). Je
reprends donc espoir, nous pouvons agir, nous avons le pouvoir d’agir sur le
statut de notre langue. J’ai le pouvoir d’agir sur le statut de ma langue. J’y
réfléchirai et vous reviendrai. Il y a sûrement moyen de créer un rapprochement social avec la nouvelle technologie.
Phyllis