lundi 1 avril 2019

Le 28 mars 2019.
Un jour que je n'oublierai jamais.
Un évènement marquant de mon récit langagier.
J'ai répondu, pour la première fois de ma vie, en anglais à un message courriel reçu en français.

J'ai mal. Une douleur profonde. Moi qui ai co-construit une identité de batailleuse pour mon droit à être Acadienne et Francophone et à être servie dans MA langue au travail et ailleurs. Je n'ai pas honte. Je ne me désole pas de mon comportement vis-à-vis mon interlocutrice. J'ai mal. J'ai peur d'avoir perdu cette lutte interne, entre mes langues, que j'ai nommée une danse dans l'écriture de ma thèse de maitrise. Etre Acadienne, être Francophone, parler français au quotidien est une décision que j'ai prise et re-prise depuis mon adolescence. J'ai tombé. Je me suis cognée la tête. Je suis désemparée. Ce n'est pas de l'Auto-odi, mais presque.