Primo, la thèse n'est pas francophone, l'auteur est francophone et a choisi d'écrire en français. Si nous avions soumis des noms d'origine française pour une thèse écrite en anglais, nous aurions reçu la même question? Et si les noms n'étaient ni d'origine française, ni d'origine anglaise? Le Canada est, après tout, un pays marqué par une riche diversité culturelle et linguistique.
En Ontario, 68,3% des francophones mariés/en union libre ont formé une union avec une personne non-francophone. On leur accole l'étiquette de couple exogame. Je suis enfant d'un couple exogame. Je porte le nom de mon père, anglophone. J'avais espoir que la prochaine génération d'enfants de familles bilingues n'ait pas à lutter aussi férocement pour qu'on reconnaisse leur droit de se dire francophone, qu'on reconnaisse leur légitimité d'être. Nous sommes combien à vivre cette exclusion? Combien y tiennent suffisamment pour continuer à s'affirmer francophone malgré tout? On dit souvent que les anglophones assimilent les francophones au Canada. Dans le cas de ces francophones qui portent le nom de leur papa anglophone, difficile de dire que les anglos sont les gros méchants. Ce ne sont pas les anglos que me causent cette douleur devenue rage identitaire que j'ai vécu, hélas, encore une fois aujourd'hui.
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